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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 13:53
La lettre que j'ai adressée à la commission d'enquête publique sur la 2e ligne de tramway.

Pascal Martineau
Conseiller municipal
Conseiller communautaire
291 ter, rue du Faubourg Bannier
45000 Orléans
 
Orléans, le 6 avril 2007
 
 
Monsieur le Commissaire enquêteur
Commission d’enquête publique sur le tracé de la seconde ligne de tramway de l’agglomération Orléans Val de Loire
 
 
Monsieur le Commissaire enquêteur,
 
L’enquête d’utilité publique sur la deuxième ligne de tramway appelle de ma part un certain nombre de commentaires.
 
Je tiens en préambule à me féliciter du choix qui a – finalement – été fait du tramway comme mode de transport pour cette seconde ligne de transport en commun en site propre.
 
Je veux d’abord m’étonner de la forme qui a été donnée à cette enquête publique. S’agissant d’un projet d’une telle importance tant d’un point de vue financier que pour l’avenir de notre agglomération, il eût été judicieux et démocratiquement correct que cette enquête fût faite dans les 22 communes de l’agglomération d’Orléans, comme cela avait été fait pour la première ligne, nonobstant le fait que ça ne soit pas obligatoire.
En second lieu, je constate que, contrairement à ce qui se fait dans la plupart des grandes agglomérations qui ont construit ou construisent un tramway, il est fait, dans l’agglomération d’Orléans, très peu de publicité à cette enquête d’utilité publique.
 
Sur le fond, je suis en total désaccord avec le projet soumis à enquête publique sur les points suivants :
  1. La longueur du tracé. On peut concevoir qu’il n’ait pas été possible de financer en une seule fois un tracé qui aille de La Chapelle Saint-Mesmin à Chécy. Mais ne pas prévoir dès aujourd’hui (avec un phasage dans le temps) ces deux extensions à l’est et à l’ouest me paraît contradictoire avec le développement de notre agglomération et l’idée même d’un tramway. Or non seulement cela n’est pas prévu, mais, de surcroît, le tracé actuel n’anticipe pas des telles évolutions et pourrait même les empêcher tout à fait. Ainsi, le terminus à Saint-Jean de Braye tout comme la lenteur du tracé tortueux dans cette commune obèrent fortement les possibilités d’extension future vers Chécy. En outre, il faudrait s’interroger sur la « dose » d’intérêt communautaire qui a guidé ces choix, en comparant notamment le surcoût d’un passage par le centre historique d’Orléans en « alimentation par le sol » (APS), à celui d’une extension à l’est de Saint-Jean de Braye et à l’ouest de Saint-Jean de la Ruelle. On arrive ainsi avec ce tracé à un coût moyen du kilomètre de 26 millions d’euros, contre 20 millions dans la plupart des agglomérations équivalentes.
  2. La part de site propre. Le tracé proposé envisage un site partagé dans le faubourg Madeleine et dans une partie de la rue des Carmes. Il apparaît à tous ceux qui s’intéressent à ce dossier que cela est inconcevable, sauf à accepter que le tramway soit régulièrement englué dans les embouteillages des heures de pointe, ce qui est totalement contraire avec le principe même d’un transport en commun en site propre dont la régularité est un des atouts majeurs, et ce qui rend le coût total du projet démesuré par rapport à l’efficacité réelle que cette 2e ligne aurait au final.
  3. Le choix d’un tracé qui, depuis le faubourg Madeleine emprunte le centre historique plutôt que par les mails ouest et la gare d’Orléans. Ce choix, qui revêt certains avantages, aurait mérité une comparaison plus approfondie et impartiale avec l’alternative par la gare d’Orléans. D’abord parce que cela aurait réduit le temps d’accès au centre de l’agglomération des habitants les plus à l’ouest ce celle-ci, autrement ceux, avec les plus éloignés à l’est, qui ont le plus besoin de voyager plus rapidement, en particulier si l’on cherche à leur faire préférer les transports en commun à leur voiture individuelle. Ensuite parce que, contrairement à ce qui peut se dire ici ou là, la gare d’Orléans n’est pas seulement une gare – ce qui n’est déjà pas si mal – par laquelle transitent chaque jour des milliers de voyageurs, elle est aussi un nœud commercial et tertiaire de notre agglomération qui va d’ailleurs s’étendre considérablement dans les années à venir avec l’ensemble immobilier prévu entre le RN20 et la gare.
  4. Le refus d’utiliser l’emprise ferroviaire RFF de la rue d’Ambert à la gare de Saint-Jean de Braye puis au-delà. Le premier problème dans cette affaire, c’est qu’il n’a été porté à la connaissance des élus comme de l’ensemble de la population, des raisons profondes qui motivent ce refus, si ce n’est, en substance : « Il est impossible de négocier avec RFF ». Sur ce point, les exemples de Montpellier, Mulhouse ou Nantes montrent qu’un accord avec RFF n’est pas impossible. Aucune étude comparative sérieuse et objective n’a été publiée. Or, cette alternative aurait au moins quatre avantages :
    1. elle permettrait de réduire le temps de trajet entre Chécy et le centre de l’agglomération ;
    2. elle garantit l’extension de la ligne vers Chécy ;
    3. elle ne nécessite pas la coûteuse déviation des réseaux. A ce sujet, il faut s’étonner que la prise en charge du coût de la déviation des réseaux n’a pas été résolue au moment où débutait cette enquête publique, alors même que cela représente des sommes considérables et que le maire de Saint-Jean de Braye a un jour affirmé dans la presse que sa commune ne débourserait pas un centime pour cela ;
    4. elle règle le problème du passage sur la D 960 des convois exceptionnels ;
    5. elle règle le problème technique du croisement – à deux reprises - de la ligne de chemin de fer SNCF avec les lignes de tramway puisque celles-ci pourraient toutes deux être aménagées sur l’emprise RFF au nord de la ligne SNCF.
 
D’une manière générale, et les différents éléments évoqués dans ce courrier le montrent bien, dans la définition de ce tracé, la somme d’intérêts communaux (et ceux de la ville centre en particulier) a prévalu sur l’intérêt général communautaire, alors même que ce projet engage l’avenir de notre agglomération et de tous ses habitants pour de nombreuses années.
 
C’est la raison pour laquelle je me prononce contre le tracé qui nous est proposé.
 
Vous remerciant pour l’attention que vous porterez à mes remarques, je vous prie de croire, Monsieur le Commissaire enquêteur, à l’expression de mes sentiments les meilleurs.
 
 
 
Pascal Martineau
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  • Pascal Martineau
  • Journaliste de métier, collaborateur parlementaire, écrivain public-biographe, j'aime les mots.
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Président de  l'Academie des écrivains publics de France

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