Commentaires sur l'actualité politique d'Orléans, le Loiret et au delà.
Deux ans
après les « émeutes» qui avaient pris naissance à Clichy-sous-Bois, les événements tragiques de Villiers Le Bel ont réactivé la machine médiatique à faire peur… et à dire
tout et n’importe quoi.
Pour éclairer notre lanterne citoyenne, prendre un peu de recul et laisser dire (bien mieux que je ne le ferais) à d’autres ce que je pense, je vous propose deux analyses qui me semblent
particulièrement pertinentes. A lire, à écouter et à méditer.
Une chronique d’une part. L’humeur des jours de Bruno Frappat dans La Croix du 1er décembre. Son article intitulé « Il y a le feu de l’autre côté » se termine ainsi :
« Prenons un de ces mots: ils ont « la haine ». D'où vient-elle ? Elle ne naît pas spontanément dans le cœur d'un enfant, la « haine ». Elle naît du sentiment de se trouver de l'autre
côté des choses, de la vie, du bien. Du mauvais côté d'une frontière. Du mauvais côté des murs de séparation, murs symboliques ou murs réels. C'est quoi le contraire de la haine? Eh bien,
figurez-vous, c'est l'amour. Voilà un bien grand mot! Un gros mot, pour ainsi dire. A faire se plier en quatre de rire les forces de l'ordre comme celles du désordre. Vous voulez mettre de
l'amour là-dedans? Et si on essayait? Si on prenait, pour une fois, le parti de rechercher la source de ces maux et de ces mots négatifs dans l'image de soi que peuvent avoir ces
« jeunes »? Image de soi, quès aco ? Psychologie de bazar ! Non : quelqu'un qu'on n'aime pas ne s'aime pas. Et il est en route pour la haine. »
Une interview, d’autre part. Celle du sociologue Laurent Mucchielli, directeur de recherches au CNRS, directeur du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les
institutions pénales, par Laurence Luret, dans la cadre de Parenthèse, sa toujours
passionnante chronique dominicale.
Violences urbaines ou voyoutocratie? "Voyoutocratie" a déclaré le président de la République Nicolas Sarkozy à propos des violences cette semaine à Villiers le Bel. Et si notre société
avait les banlieues et les bandes qu'elle mérite ?. Le coauteur d’un livre intitulé Les bandes de jeunes y décrypte le récent discours de Nicolas Sarkozy à la
télévision, pour mieux le dénoncer.
S’appuyant sur des années de recherches « toutes tendances confondues » menées tant en France qu’aux Etats-Unis, Laurent Mucchielli s’inscrit en faux contre deux idées reçues. Il affirme
d’une part qu’il est « absolument faux » de dire que l’émeute serait une activité de délinquance ; d’autre part qu’il « faux » de croire qu’une minorité violente prendrait en
otage tout un quartier.