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Commentaires sur l'actualité politique d'Orléans, le Loiret et au delà.

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Indignation post-coloniale aux Antilles

Dessin de la couverture du livre Mé 67, mémoire d'un événement, de Jean-Pierre Sainton et Raymond GamaAu JT de 20h de France 2 ce soir-là, la fausse indignation de la militante UMP de la Guadeloupe avait quelque chose d’indécent. Son énorme collier de perles faisait tâche sur ses propos dénonçant l’irresponsabilité des travailleurs antillais demandant une augmentation mensuelle de 200 euros pour les bas salaires. Quelques jours plus tard, sur la même chaîne, un planteur blanc à l’accent des Antilles expliquait lui aussi à Benoît Dusquenne (Complément d'Enquête du 9 mars 2009), devant sa piscine perchée au dessus des ses champs de canne à sucre, qu’il s’agissait là d’une revendication inconsidérée. Dans le même reportage, on découvrait avec stupéfaction le massacre, par la gendarmerie, de plus de quatre-vingts travailleurs guadeloupéens en colère – déjà – en mai… 1967. Aujourd’hui encore, le chiffre officiel des victimes est de… sept morts !

Les raisons de la colère. On ne pourrait comprendre le long conflit qui a paralysé les Antilles ces dernières semaines sans prendre en compte cette réalité et cette histoire. Les raisons de la colère trouvent tout autant leurs racines dans le passé colonial de ces départements d’outre-mer que dans des inégalités sociales. Le pouvoir économique reste confisqué, là comme dans les autres DOM, par une poignée de békés (les blancs). Nous avons ainsi pu ainsi entendre ces dernières semaines, à l’occasion de ce conflit, de nombreux témoignages de discriminations à l’embauche dont sont toujours victimes les descendants noirs des esclaves africains, majoritaires dans ces anciennes colonies françaises. Chacun sait par ailleurs que les « métros » qui viennent travailler dans les DOM perçoivent une prime exceptionnelle dite de « vie chère ». Ainsi, pour un pilote d’Air France, elle représente une augmentation de salaire de 40%, à laquelle s’ajoute une prime de logement mensuelle de 2000 euros. De quoi s’offrir la location d’une belle maison avec piscine. « La Guadeloupe est à nous, la Guadeloupe n’est pas à eux » ont scandé les manifestants durant tout le confilt.

Vierge effarouchée. Dans ce contexte, l’indignation – encore elle – du secrétaire d’Etat à l’outre-mer, face aux propos provocateurs du leader du LKP Elie Domota, cette indignation est, elle aussi, décalée. Jouant les vierges effarouchées, Yves Jego a qualifié de « dérapage verbal inqualifiable » les déclarations d’Elie Domota affirmant que les entrepreneurs qui refusaient l'accord d'augmentation de 200 euros des bas salaires devraient « quitter » la Guadeloupe et qu'il ne « laisser(ait) pas une bande de békés rétablir l'esclavage ». Ou comment se voiler pudiquement la face devant un héritage historique dérangeant et non assumé.


L'extrait de Complément d'enquête consacré au massacre de Mé 67

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M
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M
Ah, là je vous suis. <br /> Les relations de bon voisinage, je suis pour. <br /> Elles sont plus naturelles que les longues distances qui ont valu à ces îles leur isolement économique et du même coup leur dépendance de la métropole.
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M
On peut lire l'histoire comme ça en effet. Mais vous avez tort, ce n'est pas la seule "Histoire des Antilles", c'est "l'Histoire des Antilles DANS l'histoire de France"...<br /> <br /> Et là, dans ce contexte global de la guerre froide, on ne peut pas l'approuver en effet mais on peut mieux "comprendre" le pourquoi de cet écrasement d'une sédition indépendantiste. <br /> <br /> Cuba la voisine était alors le grand exemple. On sait ce qu'il en est advenu depuis. <br /> D'ailleurs, les Guadeloupéens ne s'y sont pas trompés. Cette fois ils ont réclamé des sous, pas l'indépendance, et pas davantage une autonomie dont ils savent parfaitement qu'ils n'auraient pas les moyens d'y vivre sans les subsides de métropole ! <br /> <br /> Quand ils clamaient "pays à nous pas à vous" c'était pour dénoncer la mise en coupe réglée de quelques grands groupes financiers locaux ou pas. En cela ils avaient raison. Mais ils ne voulaient surtout pas en prendre les rênes eux-mêmes. Leur situation d'assistés les satisfait bien mieux, et de plus elle est logique puisque c'est l'intérêt stratégique de la France que de conserver ces territoires même s'ils sont économiquement moins "rentables" qu'aux temps esclavagistes. <br /> L'accord a donc été trouvé, somme toute assez rapidement et logiquement, parce qu'il était de l'intérêt commun qu'il le soit.<br /> C'eut été autre chose s'il s'était agi comme en 67 d'un soulèvement indépendantiste. Je crois qu'en ce cas il y aurait eu la même répression.
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P
<br /> Qu'on soit bien clair : je ne suis pas pour l'indépendance des DOM-TOM, pas que je ne suis, pour la partition de la Belgique en trois : Bruxelles, les Flandres et la Wallonie. Dans notre<br /> village mondial, cela n'aurait pas beaucoup de sens et serait même anachronique. Mais je crois à un monde des régions comme je crois à une Europe des régions. Le dévelopement des Antilles<br /> françaises n'a de sens que s'il se fait de manière cohérence avec le développemennt de ses voisins très pauvres et bien sûr, des USA.<br /> <br /> <br />
M
Evidemment, c'est toujours infiniment triste d'en arriver à réprimer par la force. Il y a eu des morts, c'est vrai. Mais était-ce vraiment comparable à ce qui s'est passé ces dernières semaines ? Je ne crois pas. <br /> <br /> En 67, c'était une soulèvement "d'indépendantistes." <br /> <br /> L'indépendance est un terme inacceptable pour n'importe quel gouvernement. Et particulièrement pour un Etat qui possède des îles tout autour du monde, lesquelles lui apportent la plus grande zone maritime du monde. <br /> <br /> Sans les îles (et si la Guadeloupe était tombée à l'époque, les autres auraient suivi le mouvement) la France n'est plus qu'un tout petit hexagone perdu au bout du continent européen. <br /> <br /> Il ne faut pas relire l'histoire avec des lunettes d'aujourd'hui. N'oublions pas qu'en 67, l'URSS était au "top" des idéologies... <br /> C'était donc une véritable GUERRE qu'il s'agissait de gagner avant que l'épidémie ne se propage. Et dans une guerre, c'est regrettable mais c'est normal, il y a des morts... Il faut le savoir avant de la commencer. <br /> <br /> Je trouve particulièrement mal venu ce monsieur qui faisait partie des insurgeants à l'époque, de venir en faire l'amalgame avec les revendications purement économiques, et légitimes celles-là aujourd'hui, qui ont amené les manifestations de ces dernières semaines. <br /> Le contexte était complètement différent.
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P
<br /> Je n'ai absolument pas comparé. mais j'ai rappelé l'histoire. Rien ne justifie un tel massacre et la chape de plomb qui a été mise dessus, ni<br /> la guerre froide, ni le fait qu'il s'agisse d'indépendantistes. Mais cela fait partie de l'histoire des Antilles et on ne peut comprendre les événements qui s'y sont déroulés sans les mettre en<br /> perspective de manière synchronique (le contexte) et diachronique (l'histoire).<br /> <br /> <br />
P
Ou encore celle-là :<br /> http://www.potomitan.info/bibliographie/images/khokho7.jpg
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