Commentaires sur l'actualité politique d'Orléans, le Loiret et au delà.
Je l’affirme sans hésiter : il faut réformer les régimes spéciaux de retraite et s’acheminer vers un régime
universel commun à tous les salariés. Je sais, ça va faire grincer des dents. Mais au nom de quelle conception de la solidarité, des régimes conçus à un moment où les conditions de travail
étaient très différentes d’aujourd’hui seraient-ils immuables pour l’éternité ? Quelle est la logique d’un système dans lequel le régime général (celui des salariés du privé) finance les déficits
des régimes déficitaires ? Qu’est-ce qui justifie qu’une infirmière, une caissière de supermarché ou un ouvrier du bâtiment (dont on connaît pour chacun de ses métiers les très dures conditions
de travail) doivent à la fois travailler jusqu’au moins 60 ans mais, de surcroît, participer au financement de la retraite des conducteurs de train ou de rames de métro qui cessent leur activité
à 50 ans ? A ces trois questions, je réponds « rien » sans hésiter.
Il est donc indispensable de réformer l’ensemble du système, au nom de notre conception socialiste de l’égalité et de la solidarité mais aussi pour préserver un système général de retraite par
répartition que d’aucuns voudraient mettre à bas.
Réflexion plus globale. Réformer donc. Pas comme la droite entend le faire bien entendu, sans concertation véritable et, avec derrière
la tête, la volonté d’imposer la retraite par capitalisation. Mais dans le respect de valeurs de solidarité et d’humanisme qui sont celles des hommes et des femmes de progrès.
Mais surtout, l’erreur, serait, selon moi, de ne traiter que du seul problème des retraites, sans intégrer celui-ci dans une réflexion plus globale sur l’organisation de la vie active dans sa
totalité.
La retraite n’est qu’un des éléments de cet ensemble. Il faut intégrer à notre réflexion toutes les périodes, toutes les composantes de notre vie active : les emplois occupés et leur pénibilité,
les congés maternité et paternité, la formation continue, le temps libre, les activités bénévoles et militantes, les mandats électifs politiques, syndicaux et associatifs.
"Capital vie active". Je suis partisan d’un système dans lequel chaque être humain disposerait d’un « capital vie active » composé des
différents éléments que je viens d’évoquer et dont la répartition serait fonction de plusieurs facteurs : la durée de la formation initiale, le niveau d’études, le nombre d’enfants, la mobilité
professionnelle, la pénibilité du travail, l’évolution des technologies et du marché de l’emploi, la durée hebdomadaire du travail (et j'en oublie sans doute). Un seul exemple : personnellement,
j’aurais été prêt à accepter de « sacrifier » quelques années de retraite pour cesser toute activité professionnelle pendant deux ou trois lors de la naissance de mes enfants. Certes, la retraite
me permettra de consacrer du temps à mes petits-enfants mais je regrette de n’avoir pu, pour des raisons financières, avoir plus de temps pour m’occuper de mes enfants dans leurs premières
années. On pourrait multiplier les exemples.
Reculer pour mieux sauter. Le chantier est complexe, vaste et semé de très nombreuses embûches. Mais vouloir le régler de manière
partielle ne sera que reculer pour mieux sauter. Le statu quo serait suicidaire. Car il laisserait le champ libre aux ultras libéraux qui ne rêvent que de tuer notre système par répartition.
Seuls des réformistes audacieux, des hommes et de femmes de progrès, auront, comme leurs prédécesseurs dans la longue histoire sociale de notre pays, le courage politique de réformer ce système
dans le sens d’une réelle égalité, d’une solidarité renforcée et d’une plus grande justice.
NB : la réflexion que je propose va évidemment de pair avec celle, tout aussi indispensable, d’un régime de retraite unique. En particulier à un moment où l’on apprend que l’exonération
des charges sociales sur les stock-options représente pas moins d’un quart du déficit de la Sécurité sociale. <