Ainsi, André Fort, l’évêque d’Orléans, soutient la « Marche pour la vie » organisée par le collectif « 30 ans
ça suffit – En marche pour la vie » à Paris ce 20 janvier, afin de dénoncer encore et toujours les lois sur l’avortement (La République du Centre du 17 janvier). J’ai déjà dit ici toute
l’admiration et le respect que j’ai pour Simone Veil, en particulier pour ce combat qu’elle a mené pour ce droit essentiel pour les femmes, contre vents et marée et sous les insultes et les
quolibets de nombreux députés de droite de l’époque. Je réprouve bien entendu le soutien de la hiérarchie catholique à ce type d’initiative. Comme chrétien, je ne suis ni pour ni contre
l’avortement, même si cet acte doit relever du choix ultime. Je pense simplement que la loi ne doit pas l’interdire. Il s’agit, pour les personnes qui en font le choix, d’une décision personnelle
et intime.
Mais surtout, cette position me semble en totale contradiction avec la doctrine officielle de l’Eglise catholique à propos de la peine de mort. Le Catéchisme de l’Eglise universelle
affirme ainsi, dans sa dernière version (1998) : « L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours
à la peine de mort si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie des êtres humains ». A mes yeux et aux yeux de nombreux opposants à
la peine de mort, et même si la suite du texte assortit cette position de quelques bémols, le « Tu ne tueras point » des Dix Commandements ne souffre aucune exception. Aucune. Accepter
l’idée même de la peine capitale, c’est remettre en cause une idée fondamentale du christianisme : la Rédemption. Aucun Homme n’a jamais totalement perdu son humanité.
Mais surtout, on ne peut pas d’un côté, dénoncer la « mort » par avortement et d’un autre l’accepter par décision de justice. De la justice des Hommes. C’est incohérent et hypocrite.
Pour être très franc et très direct, je trouve que ça va un peu, les positions rétrogrades de notre Père Evèque. <br />
<br />
Qu'il soit contre l'avortement à titre personnel, on peut le comprendre (je le suis moi aussi au nom de la suprématie de la vie). Qu'il prenne position pour l'interdir, là non. <br />
<br />
Mgr Fort passe son temps à nous bassiner avec ses positions contre l'avortement, même en cas de handicap grave. Je ne le supporte plus : je suis déjà parti 2 fois au milieu d'une de ses homélies. Quand c'est pas ça, c'est la place de place de l'autel dans l'église, la remise en place de l'adoration perpétuelle, la messe en latin...<br />
<br />
Il vit dans quelle Eglise, celle du XXI° siècle ou celle du XIX° ?
Catholique comme toi Pascal, je comprends que l'église pense que la vie est préférable à la mort et que notre évèque agisse dans cette démarche, comme j'aimerais le voir s'engager dans d'autres domaines qui me sont plus proches. D'accord globalement avec ta position sur l'avortement.<br />
Je me suis rendu sur le site de l'ACAT. J'y ai trouvé la précision suivante qu'il me semble juste de rapporter ici :<br />
Depuis 1998, l’État du Saint-Siège est cependant allé plus loin, en prenant plusieurs fois position de manière très nette contre la totalité des exécutions capitales perpétrées aujourd’hui dans le monde :<br />
<br />
- Appel à un moratoire universel : Jean-Paul II aux États-Unis, le 27 janvier 1999 <br />
- Intervention du Cardinal Martino devant l’Assemblée générale des Nations unies, le 2 novembre 1999 : « la position du Saint-Siège est donc que les autorités, même pour les crimes les plus graves, devraient se limiter à user de châtiments qui n’entraînent pas la mort ». <br />
Il est donc permis d’espérer, au vu de ces récentes déclarations, que l’Église catholique romaine évolue dans le sens d’une condamnation catégorique de l’ensemble des exécutions capitales perpétrées aujourd’hui dans le monde.<br />
Sans attendre la position de Rome, de nombreuses conférences épiscopales nationales ont pris des positions sans ambiguïtés durant les trente dernières années. Notamment l’Église de France.
Puisque l'on parle paradoxes et contradictions :<br />
- Vous dites :<br />
l'avortement, "ce droit essentiel pour les femmes" "Comme chrétien, je ne suis ni pour ni contre l’avortement, même si cet acte doit relever du choix ultime. Je pense simplement que la loi ne doit pas l’interdire" : ce qui s'appelle ne pas condamner, donc, telle que la question se pose "être pour".<br />
<br />
- Dans le même texte et " ligne en -dessous :<br />
"A mes yeux le « Tu ne tueras point » des Dix Commandements ne souffre aucune exception. Aucune."Aucun Homme n’a jamais totalement perdu son humanité."<br />
<br />
Comment dites-vous ? ah : C’est incohérent et hypocrite ?<br />
Là, il me semble bien, oui - d'un côté une belle dcalaration vibrante et sanglots dans la voix, "tu ne tueras pas ne souffre aucune exception", juste au-dessus l'affirmation tranquille qu'en tant que chrétien vous acceptez tout à fait une exception à ce tu nes tueras pas, en se cachant confortablement devant un soit-disant "ni pour ni contre".<br />
<br />
Hypocrisie, paradoxe, incohérence, c'est bien cela?
Il y a quand même une toute "petite" différence entre l'avortement et la peine capitale : c'est la définition que l'on donne à la vie. Le débat qui consiste à savoir si c'est la conception ou la naissance qui donne la vie n'est pas clos. Pour ma part, ayant assisté à la naissance de mes quatre enfants, j'ai tendance à considérer que le vrai "miracle" de la vie se produit au moment de la naissance, et pas avant.PS : merci de me communiquer votre nom par e-mail faute de quoi je devrais supprimer votre commentaire en vertu de la règle du non-anonymat que j'ai instituée pour mon blog.
B
BCT
20/01/2008 00:05
Comme dirait Bedos "Quand est-ce qu'ils vont s'arrêter de s'occuper des petites culottes ?".<br />
Que dire de plus à vos commentaires, Pascal et Circé ? Rien.<br />
Je ferme ma gueule et je vais me coucher.
Et bien voilà, nous y sommes.<br />
La remise en cause de tout, de façon insidieuse.<br />
je trouve cela parfaitement honteux. Que l'Eglise donne sa position ne me dérange pas, elle est sans doute dans son rôle.<br />
Mais qu'elle participe à cet activisme qui de toute façon ne changera jamais rien ( une femme qui ne veut pas d'un enfant fera tout, loi interdisant l'avortement ou non, pour ne pas mener à bien une grossesse non désirée) .<br />
Devra-t-on en revenir aux cortèges de femmes mutilées ou mortes sous les aiguilles des faiseuses d'ange ou qu'elles maniaient elles-mêmes ? Cette décision n'appartient qu'à la femme en dernier ressort, c'est son corps, son libre-arbitre et à la fin, elle est et sera toujours face à elle-même et à sa décision !<br />
Encore une fois mille mercis à Mme VEIL qui a eu tous les courages envers et contre tous.<br />
L'avortement est déjà un drame en soi pour que nul, ni personne ne vienne dire à une femme ce qu'elle doit faire et faire peser sur elle une morale quelconque, fût-elle religieuse, en ce qui concerne cette décision ultime et de dernier recours.<br />
J'avais, j'ai toujours beaucoup de problèmes avec l'Eglise, ses contradictions, paradoxes et certaines de ses positions.<br />
Voilà qui ne me réconciliera pas avec elle !